Les chiens blancs: de l’aversion au sublime

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Quand on regarde un russell tout blanc, deux possibilités de première sensation s’offrent à nous:
nous ressentons de l’aversion
ou nous sommes subjugués

Comment la robe d’un chien peut elle ainsi déterminer les premiers sentiments d’une rencontre ?

Éliminons d’abord ce qui peut nous révulser dans le chien blanc.
De toute évidence, et en premier lieu, le manque de pigmentation de l’œil nous agresse.
L’oeil se cercle alors de rose, couleur chair; or, la chair à nu évoque consciemment ou non la blessure, la chirurgie ou pire encore la boucherie.
Autant de notions que nous ne souhaitons pas rapporter à notre compagnon.
On notera que le manque de pigmentation peut également se manifester sur la truffe ou les babines, ce qui ne fait qu’augmenter encore notre aversion.
L’ensemble donne alors un chien à la face malingre, et à l’expression de tête inexistante.

A l’inverse, quand un russell tout blanc retient notre attention, il nous sublime de sa beauté.
Pourtant, nous nous trouvons le plus souvent totalement pris au dépourvu pour argumenter de notre engouement.
C’est là le côté mystérieux de l’affaire.
La beauté des « blancs » est envoûtante.
J’écarterai volontairement l’aspect morphologique pur, en partant du principe que nous comparerons des chiens d’égale construction.

Le visage,  le ciselé de la tête d’un beau « blanc » saute aux yeux.
Tout s’y révèle en relief. Les yeux scintillent comme deux phares sous la ligne du front. Les cils également blancs, contrastent avec le sombre de l’oeil, approfondissant d’autant le regard.
La truffe, elle, se détache presque du visage, petit phare de velours noir, à la pointe du museau au milieu de cette immensité blanche.
Et si la pigmentation est parfaite, la bouche souligne en une horizontale de babine brune, le bas du visage du chien, lui esquissant un sourire.
Un tel visage se personnalise d’autant qu’il emmerge de l’immensité du blanc que d’aucun voudrait fade et insipide.

Tous ces points de contrastes dessinent en relief, le ciselé de la tête qui vient en écho avec celui du corps, lui aussi blanc, comme le requiert le standart, et qui joue de tous ses effets dans le mouvement, en ombre et lumière.

Baba Cool de Ghundai

Parfois la Nature offre en bijou, le petit plus, sublime détail qui sacralise le tout en dotant le pied d’un ongle ou deux couleur brune.
Comme un joyau trop rare, que l’on dissimule, l’ongle apparait alors, par instant, en rappel, au détour de la marche puis disparait.
La beauté secrète des blancs!

Difficile donc, de réunir tous ces critères de pigmentation voilée pour qu’un russell blanc nous révèle sa beauté.

Mais lorsque ce presque miracle se produit, l’immaculée blancheur, telle un volcan, jaillit, opérant comme un négatif, au service de la beauté intérieure du chien.
Elle révèle alors son âme à celui qui, puriste et esthète saura reconnaître son envoûtante et mystérieuse beauté.

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